 Au pays des hommes forts Ce
matin à trois heures, alors que la plupart des Dijonnais dormaient,
deux hommes sont montés dans leur voiture direction l'Autriche
et Baden (à 40 km de Vienne). Philippe
Jaeger et Goran Gvozdenovic,
licenciés à l'USO Dijon, ont décidé de relever
le défi des championnats du monde vétérans qui se
déroulent durant une semaine en Autriche. Engagés en moins
de 94 kg, les Dijonnais ont rendez-vous avec les barres demain à
midi (pesée à 10 heures). « Ces championnats sont
très populaires et toujours très disputés »
souligne Goran Gvozdenovic. « C'est une grande fête de l'haltérophilie
qui réunit près de 600 athlètes. Il y a neuf catégories
d'âge avec à chaque fois huit catégories de poids
». Inscrits en deuxième catégorie (Masters 2, 40-45
ans), les deux membres de l'USOD s'attendent à un championnat très
relevé, « plus fort que le niveau national français
» renchérit Goran Gvozdenovic. « Comme la compétition
est en Autriche, il y aura pas mal d'athlètes d'Europe de l'Est
qui vont venir avec des références impressionnantes ».
La récompense du travail Pour participer à cette grande
fête, les deux partenaires d'entraînement ont glané
leur billet aux derniers championnats de France vétérans
au mois d'avril, Gvozdenovic remportant le titre devant Jaeger. Pour le
second, qui a déjà participé aux championnats d'Europe
vétérans en 2002 avec une 12e place à la clé,
c'est surtout l'occasion de prouver que l'haltérophilie se pratique
à tout âge : « On souhaite aller à l'encontre
des idées reçues sur notre sport. J'ai commencé à
35 ans et depuis j'ai pas mal amélioré mes qualités
physiques. Après 40 ans, on peut encore pratiquer l'haltéro
à un bon niveau. Aux championnats du monde vétérans,
il y a des athlètes de 80 ans ! ». Pour les deux hommes,
ce championnat est un vrai objectif et ils n'ont pas hésité
à se préparer tout l'été pour être performant
le jour J. « Les cinq premiers sont très forts si on se réfère
à leurs performances » signale Goran Gvozdenovic, qui tourne
actuellement à 110 kg à l'arraché et 135 à
l'épaulé. « Mais après, le jour de la compétition,
ça peut être différent ». Une place dans les
dix serait une récompense pour les hommes de l'USO Dijon, qui repartiront
dès la fin de la compétition, direction l'Allemagne où
Gvozdenovic a de la famille. C'est sûr, ils sont motivés
!
Anthony PROST |